
La veille dans les audits Qualiopi : l'analyse du point de vue de l'auditeur
La certification Qualiopi, issue du Référentiel National Qualité (RNQ), repose sur la vérification de la conformité des prestations d’actions concourant au développement des compétences (PAC). Parmi les exigences du référentiel, la veille occupe une place stratégique.
Cet article expose la lecture institutionnelle de la veille lors d'un audit Qualiopi et précise les éléments de conformité observés.
La veille : une exigence spécifique du Critère 6
Contrairement à une idée reçue, la veille ne constitue pas un élément uniquement transversal ou implicite. Elle fait l'objet de 3 indicateurs dédiés dans le Critère 6 du Référentiel National Qualité intitulé « L’inscription et l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel ».
Lors de l'audit, l'auditeur s'appuie spécifiquement sur trois indicateurs pour évaluer la conformité de l'organisme :
- L’indicateur 23 : La veille légale et réglementaire sur le champ de la formation professionnelle.
- L’indicateur 24 : La veille sur les évolutions des compétences, des métiers et des emplois dans les secteurs d’intervention.
- L’indicateur 25 : La veille sur les innovations pédagogiques et technologiques.
Ce que l’auditeur observe sur le terrain
Lors de l’audit initial, de surveillance ou de renouvellement, l’analyse de l'auditeur porte sur la capacité de l’organisme à démontrer l’existence et l’exploitation d’un système de veille.
NB : Seule l’exploitation fait l’objet d’allégement lors des audits initiaux et de surveillance, lorsque l’organisme relève du statut de nouvel entrant.
1. L’existence d’une démarche structurée
L'auditeur vérifie que l'organisme a identifié des sources de veille pertinentes. Il ne s'agit pas d'évaluer l'outil utilisé (logiciel, abonnement, réseaux), mais de constater que des sources fiables et actualisées sont effectivement consultées en lien avec les indicateurs 23, 24 et 25.
2. La preuve de l’exploitation des informations
La conformité ne repose pas uniquement sur la réception d'informations, mais sur leur traitement. L'auditeur cherche à observer comment l'organisme prend en compte les évolutions identifiées.
3. La cohérence avec le périmètre d’activité
L'analyse est proportionnée à la taille de l'organisme et à la nature de ses prestations. L'auditeur observe si la veille est en adéquation avec les catégories d’actions pour lesquelles l’organisme est certifié. Une veille trop générique, ou sans lien direct avec ces catégories d’actions, peut être identifiée comme une fragilité dans le système qualité.
Une analyse qualitative plutôt que quantitative
Il est important de préciser que le référentiel Qualiopi n’impose aucune métrique de volume. L’audit de la veille est une évaluation de la pertinence et de la réalité de la démarche.
Conclusion : Un indicateur de maturité de l'organisme
En conclusion, la veille est un pilier de la certification Qualiopi qui atteste de l'agilité et du professionnalisme des prestataires. Pour le certificateur, une veille conforme est le signe d’un organisme capable d’anticiper les mutations de son marché et de garantir la pérennité de la qualité de ses actions.
La démonstration de cette conformité lors de l'audit repose sur des éléments tangibles, vérifiables et systématiquement corrélés aux spécificités de l'organisme audité.
Auteurs de l'article :
- Fabrice Tirel : https://www.linkedin.com/in/fabrice-tirel/
- Magalie Kaddour




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